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Chronologie

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale à Anvers

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1 septembre 1939

Début de la Seconde Guerre mondiale

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Quelques jours plus tard, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à Adolf Hitler et à l’Allemagne. Le 10 mai, l’armée allemande envahit simultanément la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et la France. La période entre septembre 1939 et l’invasion est désignée par le terme de ‘drôle de guerre’. 

10 mai 1940

Les premiers bombardements d’Anvers

Les bombes de la Luftwaffe atteignent l’aérodrome de Deurne, ainsi que l’institution psychiatrique de Sint-Amadeus. Des civils sont tués. 

13 mai 1940

Les déportations de mai 1940

À Anvers aussi, les autorités belges arrêtent des suspects au moment de l’invasion allemande. Ce sont souvent des étrangers (Allemands et Est-Européens), des communistes, voire même des antifascistes. Mais il y a aussi parmi les personnes arrêtées quelques figures de proue du mouvement national-socialiste, des rexistes et des nationalistes flamands radicalisés. Le 13 mai, partent notamment de la prison anversoise de la Begijnenstraat August Borms, René Lagrou, René Lambrichts, Jan Timmermans, Ward Hermans. Ces derniers reviennent quelque temps plus tard à Anvers. Les déportés juifs sont souvent détenus dans des camps du Sud de la France. 

14-15 mai 1940

Une répétition de 1914 ? Anversois en fuite

Les terribles évènements de la Première Guerre mondiale sont encore présents dans les mémoires et quantité d’Anversois se jettent sur les routes pour échapper à la guerre. Le bourgmestre socialiste Camille Huysmans et trois autres échevins quittent la ville, et, suivant le gouvernement et des parlementaires, rejoignent Londres via la France. L’échevin portuaire, le catholique Leo Delwaide, reprend les fonctions de bourgmestre. 

18 mai 1940

Ville occupée

Les troupes allemandes occupent la ville, qui tombe sans opposer de résistance. Les Anversois tentent de s’adapter à la vie sous occupation militaire. C’est loin d’être facile. La presse est muselée, les drapeaux nazis flottent dans les rues, les soldats allemands sont partout et la liberté est très réduite. 

28 mai 1940

La capitulation

Après 18 jours d’Occupation, l’armée belge commandée par le roi Léopold III dépose les armes. Cette capitulation décidée par le Roi suscite des tensions avec le gouvernement, qui souhaite, lui, poursuivre le combat. L’Allemagne occupe maintenant toute la Belgique et instaure une administration d’Occupation militaire. La colonie belge du Congo n’est pas concernée.

Été et automne 1940

La Résistance

Très vite, de petits actes de résistance témoignent du refus de certains Anversois à plier sous le joug allemand. Le marchand local Louis Pighini parvient ainsi le 18 mai à dérober le drapeau allemand qui flotte sur la cathédrale. D’autres mènent des actes de sabotage comme la destruction des lignes téléphoniques de l’Occupant. La Fête Nationale et le 11 novembre sont aussi marqués par des actions de résistance symboliques : des fleurs et petits drapeaux belges sont déposés devant le monument d’Albert I, Rois des Belges pendant la Première Guerre mondiale. Des affiches placardées par les Allemands dans la ville menacent de représailles.

Deuxième moitié de mai 1940

L’étrange envahisseur s’installe

L’administration d’Occupation allemande et ses services de police comme la Sicherheitspolizei SD s’établissent dans la ville (à la Della Faillelaan et plus tard aussi à la Koningin Elisabethlei). La gestion quotidienne de la ville est assurée par la Feldkommandantur 520 (à la Pelikaanstraat et plus tard au Meir). Il y a aussi un Stadtkommissar qui entretient de bonnes relations avec le Bel-Étage de l’Hôtel de Ville et le bourgmestre Leo Delwaide. Les instances communales d’Anvers coopèrent avec l’Occupant.

Début juin 1940

Le pain quotidien

C’est de loin la pénurie d’aliments qui a le plus grand impact sur la vie quotidienne à Anvers. La nourriture vient rapidement à manquer et à Anvers comme ailleurs, les tickets de rationnement circulent à partir de fin mai 1940. Les aliments sont rationnés et leur vente est strictement réglementée. Les tickets et cartes de rationnement distribués par la ville ou des organismes bénévoles vont être pendant 5 ans des biens précieux. Sans être un mode de paiement, les tickets de rationnement vous donnent droit à certains produits. Le point central de retrait des denrées est la salle des fêtes du Meir, un endroit donc très fréquenté pendant ces années-là. 

15 juillet 1940

Le travail volontaire

Pour faire face au taux élevé de chômage, l’Occupant tente de recruter des hommes pour l’effort de guerre allemand. Dès juin 1940, des Anversois sont appelés à partir travailler ‘volontairement’ en Allemagne. On tente d’attirer les ouvriers avec des hauts salaires et des conditions de travail intéressantes. C’est pour certains le seul moyen de survivre. D’autres succomberont aux pressions des bureaux du Travail. Un premier convoi de mille travailleurs anversois part de la Gare Centrale le 15 juillet. Quatre mois plus tard, leur nombre aura déjà atteint 50 000. 

Août 1940

Une prise de pouvoir des collaborateurs

Jan Grauls est nommé gouverneur de la Province d’Anvers. Il remplace Georges Holvoet, qui s’est réfugié en France. Sur le papier, Grauls n’est membre d’aucun parti politique, mais c’est un sympathisant de l’Ordre Nouveau. Il soutient aussi (de manière discrète) la politique de collaboration du mouvement d’extrême-droite Vlaams Nationaal Verbond. Ce parti nationaliste flamand, plébiscité par 12,5% des Flamands avant la guerre, choisit dès le début de la guerre de collaborer avec l’Occupant. Il espère obtenir des postes importants dans l’administration. Grauls devient bourgmestre du Grand Bruxelles en 1942. Sa fonction de gouverneur de la Province d’Anvers est reprise par Frans Wildiers, membre du VNV. 

Octobre 1940

Les premières mesures anti-juives

Il y a à Anvers une importante communauté juive. La plupart sont des étrangers. Leur nombre augmente encore avant la guerre avec l’arrivée de réfugiés d’Allemagne nazie et d‘Europe de l’Est fuyant les persécutions. Eux aussi sont concernés par les premières mesures anti-juives. Les abattages rituels sont interdits et les Juifs sont exclus de certains postes publics. Les Juifs qui ont fui au moment de l’invasion allemande ne sont pas autorisés à rentrer. Les Juifs de plus de 15 ans doivent se faire inscrire à un ‘Registre des Juifs’ avant décembre 1940. L’administration communale collabore activement et appelle les habitants juifs à s’inscrire. Des listes sont dressées par des agents communaux.

29 octobre 1940

Secours d’hiver

L’organisation humanitaire Winterhulp (Secours d’Hiver)’ ouvre des locaux à Anvers. Telle est la réponse ‘officielle’ du Ministère de la Santé publique à la pénurie alimentaire. L’administration militaire allemande soutient cette organisation, qui a des branches dans tout le pays et opère en étroite collaboration avec les autorités locales. À Anvers aussi, des colis alimentaires sont distribués en divers endroits de la ville.

Décembre 1940

Déportations au Limbourg

Entre fin décembre et début février, neuf trains quittent la gare d’Anvers-Sud à destination du Limbourg. Ils transportent plus de 3.000 Juifs anversois et autres étrangers. L’Occupant les met au travail obligatoire. La police d’Anvers délivre les ordres de déportation et accompagne les hommes jusqu’aux trains. 

Automne 1940 - printemps 1941

‘Flamenpolitik’

Les prisonniers de guerre flamands reviennent d’Allemagne. Un privilège que les Allemands réservent exclusivement aux Flamands dans le cadre de la Flamenpolitik dans l’espoir de gagner le soutien du Mouvement Flamand et de la population de Flandre.

Fin 1940

Marcel Louette et les débuts de la Brigade Blanche

Un petit groupe de Résistants s’organise autour de l’enseignant Marcel Louette. Il deviendra ultérieurement la Brigade Blanche, un nom choisi en opposition à la Collaboration des ‘chemises noires’. Ce groupe est formé de dockers, d’enseignants et de membres de la police. Il publie des petits journaux clandestins, tente de rassembler des informations et établit des listes de collaborateurs. Il fait l’objet de multiples arrestations. Les Allemands parviennent à capturer Louette en mai 1944 et, via Breendonk, où le résistant est torturé, l’expédie à Sachsenhausen-Oranienburg. Louette meurt dans les camps. 

Fin 1940, début 1941

Travailler au service du Reich

L’administration militaire d’Occupation confisque les usines belges et relance les chaînes de production. Tout doit être produit au service de l’industrie de guerre allemande. Fin 1940, les Allemands transforment l’ancienne usine automobile Minerva de Mortsel en un atelier de révision des moteurs d’avions sous le nom ERLA. Les métiers à tisser de Reitz Uniformwerke de Merksem en bordure du canal Albert tournent à plein volume.

17 janvier 1941

Fornication

La présence des militaires allemands se traduit encore par une augmentation de la prostitution. Les services médicaux allemands et belges renforcent les contrôles de ce qu’ils appellent la ‘fornication’ et imposent des règles strictes à la prostitution. 

Printemps 1941

Troubles sociaux

Une crise du pain et la pénurie croissante de produits alimentaires provoquent des tensions sociales. Le 23 mars, un groupe de femmes du peuple brandissant un drapeau noir marche sur la maison communale de Berchem. Leur action est un avant-goût des grandes manifestations populaires sur la Grand-Place vers le 21 mai. Incitées par les militants communistes, les femmes du cinquième et du onzième quartier réclament plus de pain et à un prix abordable, ainsi que de meilleurs contrôles des prix. Les prix des denrées alimentaires ont alors augmenté de 75%. Leur prix au marché noir est encore multiplié. Le bourgmestre Delwaide est contraint de prendre des mesures, et reçoit donc quelques jours plus tard une délégation de femmes au Bel-Étage.

Mi-avril 1941

Attaques antisémites

Après quelques actes isolés contre les Juifs d’Anvers les jours précédents, la violence éclate ouvertement le Lundi de Pâques (14 avril) dans le sixième district, le quartier juif des alentours de la Gare Centrale. Les esprits s’échauffent après la projection du film de propagande allemand Le Juif éternel, organisée par le groupe antisémite radical Volksverwering. Au moins 200 Anversois et Allemands répondent présents. Ils détruisent la maison d’un rabbin et mettent feu aux synagogues de la Van Den Nestlei et de la Oostenstraat. Ils détruisent tout et font obstacle aux lances d’incendie des pompiers. Quantité de vitrines sont détruites dans le quartier juif. Les agresseurs laissent derrière eux une scène de désolation.

31 mai 1941

Nouvelles ordonnances et mesures anti-juives

Les Juifs sont maintenant contraints de céder aux services allemands leurs biens immobiliers, comptes bancaires et autres objets de valeur. Les entreprises juives sont confisquées. Quelques mois plus tard, le Conseil anversois de l’Ordre des Avocats raye du barreau 17 collègues et stagiaires juifs.

22 juin 1941

Opération Barbarossa : les troupes allemandes envahissent l’Union soviétique.

Les communistes sont devenus les ennemis de l’Allemagne. La répression en Belgique occupée est impitoyable (Opération Sonnewende). Quantité d’arrestations sont également ordonnées à Anvers. Les communistes plongent dans la clandestinité. Entretemps, les collaborateurs commencent à rassembler des hommes (des nationalistes flamands) en vue des combats sur le front de l’Est. 

Été 1941

“Rien pour Hitler, notre nourriture pour nous.”

Des tracts sont distribués dans la ville. Ils sont rédigés par le groupe de résistants d’inspiration communiste le Front de l’Indépendance (OF), qui prend progressivement pied à Anvers et fomente des actions sociales. Ses membres distribuent le journal clandestin België vrij.

Juli 1941

Les services de l’ordre anversois

Le commissaire en chef Jozef De Potter revient à Anvers après avoir fui le pays au début de la guerre. Il remplace Gustaaf Zwaenepoel, qui l’a désigné. Six mois plus tard, le magistrat catholique Eduard Baers prend lui aussi ses nouvelles fonctions, remplaçant le Procureur du Roi De Schepper, qui est écarté en raison de son grand âge.

20 juli 1941

Meetings au Palais des Sports

Staf De Clercq, leader du VNV, s’adresse aux masses au Palais des Sports. Il appelle les jeunes Anversois à s’engager dans la Légion Flamande et à partir se battre sur le front de l’Est.

21 juli 1941

Émeutes dans la ville

De nouvelles émeutes éclatent en 1941 à l’occasion de jours fériés, le 21 juillet et le 11 novembre 1941. Des V de victoire sont peints la nuit sur les arbres et les murs. Des patriotes belges portant rubans et petits drapeaux affrontent les groupes de collaborateurs (membres du VNV, de la Vlaamse Wacht, SS...).

29 juli 1941

Les cartes d’identité des Juifs portent désormais la mention ‘Jood-Juif’.

Août 1941

L’échevin E. Sasse démis de ses fonctions

L’administration allemande fait écarter l’échevin libéral Eric Sasse. Selon la rumeur, son fils serait dans la Résistance. Mais l’Occupant le vise également en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie. Un peu plus tôt pendant l’été 1940, des agents allemands font une descente dans les loges maçonniques d’Anvers, où ils remplissent 29 caisses de livres et d’objets précieux qu’ils expédient à Berlin. Fin 1941, l’Occupant dissout la franc-maçonnerie. 

Novembre 1941

Journaux de la Résistance

Les pionniers de la presse résistante anversoise, les frères Crutzen, tombent avec quelques compagnons aux mains de la Sicherheitspolizei, la police de la sûreté allemande. Ils publient depuis 1941 le tract ‘Steeds Vereenigd/Unis Toujours’. Un des deux frères meurt pendant sa déportation en Allemagne, in Siegburg. Le journal reparaît à partir de 1942 sous l’égide de la Brigade Blanche.

25 novembre 1941

Une nouvelle organisation juive

L’Union des Juifs de Belgique (UJB) est créée sur ordre de l’Occupant. Tous les Juifs doivent y être affiliés. La gestion quotidienne de ces ‘conseils juifs’ est confiée à des notables juifs, mais est contrôlée par le Ministère des Affaires intérieures et l’Occupant. Depuis quelques mois, le secrétaire général, le collaborateur VNV Gerard Romsée, a la mainmise sur l’organisation et transmet les informations recueillies aux forces d’Occupation. 

1er décembre 1941

Les Juifs ne sont plus autorisés à suivre des cours dans des écoles non juives

L’Occupant décide de chasser les enfants juifs des écoles publiques, qui ne seront donc dorénavant bannis des écoles non-juives. 

7 décembre 1941

Les États-Unis entrent en guerre

Le Japon, allié de l’Allemagne, bombarde la base marine américaine de Pearl Harbor. Les États-Unis déclarent la guerre au Japon, entrant ainsi dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés.

Fin 1941

Coups durs pour la Résistance

Entre février et avril 1941, l’agent des renseignements au service des Britanniques Emmanuel Hobben parvient à entrer en contact plusieurs fois avec Londres (réseau Williams) dans le bus de transmettre aux Alliés des informations sur le port d’Anvers. Mais son entreprise échoue et le groupe de résistants autour de Hobben apparaît sur les radars allemands. Les forces d’Occupation arrêtent et jugent 26 membres anversois du réseau. Dix entre eux, dont Hobben et quelques auteurs du journal de résistance Le Clan d’Estin, sont fusillés un an plus tard à Berlin. 

Hiver 1941-1942

Un froid terrible

L’hiver est particulièrement rigoureux et le gel s’installe durablement entre décembre 1941 et mars 1942. Anvers tremble et grelotte. Le charbon est rare et les habitants se réunissent dans des lieux publics de la ville. Les groupes de résistants qui se développent progressivement comme le Front d’Indépendance profitent de la situation et sèment le mécontentement contre le régime d’Occupation. Partout la colère monte, initialement contre l’Occupant, puis contre le Roi, les Britanniques et la guerre en général.

1er janvier 1942

Le Grand Anvers voit officiellement le jour

Le commandant en chef allemand à Anvers prépare dès l’été 1940 la création du Grand Anvers mais se heurte à l’hostilité des autorités bruxelloises, qui considèrent la décision de rattacher les communes avoisinantes à la ville totalement illégale. Le collège échevinal d’Anvers, et en particulier le bourgmestre Leo Delwaide, est favorable au projet et pèse de tout son poids sur la décision. Les grands patrons portuaires et autres acteurs économiques applaudissent l’initiative. L’arrêté royal est publié au Moniteur belge à la mi-septembre. Les communes de Berchem, Borgerhout, Deurne, Hoboken, Merksem, Mortsel, Wilrijk et une partie d’Ekeren sont rattachées à la ville cinq mois plus tard. Les conseils communaux de ces bourgs sont abolis, mais les communes restent en place. 

1er janvier 1942

Une nouvelle administration pour le Grand Anvers

Le nouveau collège échevinal est composé de 8 membres de l’Ancien Ordre et 5 membres du Nouvel Ordre. Parmi eux, les ambitieux militants VNV Jan Timmermans et Rob Van Roosbroeck. L’Occupant renouvelle sa confiance en Delwaide. L’autorité du bourgmestre est légitime et la collaboration avec ses services ne pose pas de problèmes particuliers.

3 janvier 1942

Interdiction d’écouter la radio

Il est maintenant interdit d’écouter la radio. L’Occupant espère ainsi empêcher l’écoute de programmes illégaux et les radios émettant d’Angleterre.

23 janvier 1942

Une nouvelle vague d’arrestations dans le port

La police de sûreté allemande mène une chasse sans merci aux communistes. Quantité d’arrestations ont lieu dans le port à partir de 1942. Des ouvriers des chantiers navals de Mercantile, Beliard ou de l’usine Inter-Escaut paient de leur vie leur engagement politique. Au total, 64 hommes sont arrêtés et au moins 25 sont exécutés.

6 mars 1942

Début du travail obligatoire en Belgique

Pour l’heure, les Anversois ne peuvent encore être envoyés au travail obligatoire que sur le territoire belge. Mais combien de temps encore avant que l’Occupant les envoie travailler en Allemagne ? En théorie, chaque Anversois est désormais obligé d’accepter un emploi quoi qu’il soit. L’Office National du Travail (ONT) créé en avril 1941 et dont le siège à Anvers est établi au Cockerillkaai, dans le quartier Sud, est chargé de l’aspect pratique du service. Il est dirigé par des sympathisants de l’Ordre Nouveau et contrôlé par l’administration allemande d’Occupation. Les bourgmestres sont également sommés de dresser des listes des sans-emploi et de livrer d’autres ‘éléments asociaux’ comme les trafiquants et les réfractaires. 

Mars - avril 1942

De nouvelles mesures visent les activités économiques de la communauté juive.

Les diamants bruts et les diamants taillés doivent être répertoriés par le ‘Contrôle des diamants’ de l’Occupant. Toutes les entreprises belges affiliés au Contrôle du Diamant vont devoir cesser leurs activités. C’est donc la liquidation des activités juives dans le secteur diamantaire anversois.

22 avril 1942

Les Juifs allemands en Belgique occupée sont déchus de leur nationalité

Il s’agit essentiellement de Juifs vivant en Belgique depuis les années 30, qui ont fui les persécutions des Nazis en Allemagne.

1er mai 1942

Journée du Travail

Les résistants communistes (les Partisans) mènent des actions pour cette journée symbolique. Ils lancent notamment quelques grenades comme trois logements de sympathisants VNV notoires. 

8 mai 1942

Le travail obligatoire pour les Juifs

Entre mai et septembre 1942, les Allemands instaurent le travail obligatoire pour les Juifs du Nord de la France. Les Juifs sont recrutés par les Offices du travail belges. Les services de police locaux participent à la distribution des formulaires de réquisition. La même police d’Anvers escorte les Juifs réquisitionnés jusqu’aux trains à destination des camps d’Organisation Todt, où les hommes travaillent sur le Mur de l’Atlantique ou pour d’autres ouvrages militaires allemands. Les conditions de travail sont très dures. Les camps de travail sont évacués fin octobre de la même année. La plupart des détenus de ces ‘TO juifs’, 80% selon les historiens, sont finalement déportés à Auschwitz via le camp de Malines. 

11-15 juin 1942

Instauration de l’étoile jaune

À partir du 11 juin, les Juifs anversois portent l’étoile de David dans les salles de classe de la Provinciestraat, la Belgiëlei et la Grote Hondstraat. La décision vient de l’Occupant mais ce sont les autorités communales qui se chargent de l’enregistrement des Juifs et de la distribution des étoiles jaunes. Tous les Juifs de plus de 6 ans doivent la porter. L’administration anversoise dresse une liste de ceux qui ne viennent pas chercher leur étoile. Ses services distribuent environ 15.000 étoiles jaunes. 

Mi-juillet 1942

Nouvelles mesures anti-juives

VÀ partir de la mi-juillet, les Juifs d’Anvers sont également bannis des parcs publics, des cinémas et des théâtres. Leur accès aux trams est réservé à la plateforme arrière. Un couvre-feu leur est imposé entre 20 heures et 7 heures. Ils ne peuvent plus exercer de professions médicales. À partir de la mi-août, le seul hôpital auquel ont accès les Juifs est l’hôpital Saint-Érasme de Borgerhout. 

22 juillet – 14 août 1942

L’ébauche des rafles

La section anversoise de l’Union des Juifs de Belgique (UJB) est chargée de remettre aux Juifs les ‘Ordres de Prestation de Travail’, qui les somment de se présenter à la caserne Dossin de Malines pour le travail obligatoire. La communauté juive ne donne pas vraiment suite à cette convocation.

22-23 juin 1942

Une première rafle de Juifs

Premières arrestations et déportations forcées de Juifs à Anvers et dans ses alentours. Des agents de la Sicherheitspolizei – la Sûreté allemande – arrêtent ces jours-là une centaine de Juifs arrivant de Bruxelles à la gare Centrale. Une action similaire se déroule un peu plus loin à la Pelikaanstraat. 

13-14-15-16 août 1942

La deuxième et la troisième rafles de Juifs

Dans la nuit du 13 au 14 août, la police allemande arrête quelque 206 Juifs dont 53 enfants. Ce sont essentiellement des Juifs d’Europe de l’Est.

Une grande rafle de Juifs est organisée le lendemain. Pour la première fois, la police locale participe à l’opération. Des agents anversois bloquent les rues et escortent les Juifs jusqu’aux camions. Les agents allemands font des descentes chez les gens et les embarquent sans ménagement, les entassant brutalement dans des camions. Les rafles sont organisées à plusieurs endroits simultanément. La première se déroule entre la Lange Kievitstraat, la Provinciestraat, la Somersstraat et la Immerseelstraat. Une deuxième série concerne la Bleekhofstraat, la Van der Meydenstraat, la Plantin et Moretuslei et la Bouwmeestersstraat. Les rafles durent toute la nuit. On estime à un millier le nombre de Juifs ainsi arrêtés. Le bourgmestre Delwaide et le procureur Baers se gardent le silence et ne réagissent pas aux évènements en dépit des rapports de police officiels. 

27 août 1942

Sabotage

Les Allemands se préparent toute la journée à une nouvelle rafle nocturne de Juifs. Elle sera pourtant déjouée au dernier moment car certains agents anversois ont alerté la communauté juive. Des messages d’avertissement ont aussi été envoyés aux Juifs. Si certains agents ont manifestement été soudoyés, d’autres agissent en leur âme et conscience. Mais la différence entre les uns et les autres n’est pas toujours facile à faire. Les Anversois juifs fuient ou entrent dans la clandestinité. 

28-29 août 1942

La quatrième rafle des Juifs

En représailles, la police anversoise est maintenant sommée par les Allemands de jouer un rôle plus actif. Elle doit livrer elle-même 1.000 Juifs. Les agents de police du septième district (Deurne, Borgerhout et Berchem) en sont chargés. Les commissaires ont du mal à trouver suffisamment d’agents. Le commissaire en chef De Potter donne néanmoins des ordres clairs à ses agents. Certains d’entre eux refusent de collaborer, d’autres ferment les yeux de temps en temps. Des unités sont appelées en renfort. 250 Juifs, par district, telles sont les instructions. Les agents qui n’atteignent pas ce nombre dans leur district doivent chercher ailleurs. Des agents de Deurne quadrillent ainsi le sixième district pour atteindre leur quota. Les descentes de police durent toute la nuit. Les Juifs arrêtés, regroupés dans les écoles de la Grote Hondstraat (Zurenborg) et de la Vinçottestraat (Borgerhout) ou au cinéma Plaza (Gallifortlei, Deurne), sont pétrifiés de peur. Le matin même, des camions partent vers le camp de transit de la Caserne Dossin, d’où les Juifs internés sont expédiés par train au camp d’extermination d’Auschwitz. Pour la Judenabteilung et les chasseurs de Juifs anversois, l’opération est un succès et ils se frottent les mains. Une fois de plus, les élus anversois ne réagissent pas. 

1er septembre 1942

L’échevin socialiste Adolf Molter démissionne

Il évoque officiellement ‘l’objection de conscience’. Est-ce par mécontentement pour les déportations de Juifs ? Depuis des semaines, il se fait excuser au collège échevinal. 

11-12 septembre 1942

La cinquième rafle de Juifs

Ce jour-là, l’Occupant ne compte pas sur la collaboration du corps de police anversois. Des policiers anversois participent pourtant à la rafle aux côtés de leurs collègues allemands. Ils centralisent et livrent des Juifs en divers endroits de la ville, les cueillant parfois dans la rue. Cette rafle est clairement moins systématique et doit davantage au hasard des rencontres. Elle n’est pas moins efficace pour autant. Au moins 700 Juifs sont arrêtés ce jour-là. Les rafles vont continuer dans les jours, les semaines et les mois suivants. De plus en plus de SS flamands se joignent aux actions et traquent les Juifs dans les rues. D’autres Juifs sont dénoncés. 

Été et automne 1942

L’aide aux Juifs

C’est l’époque des grandes rafles. L’aide aux Juifs se met progressivement en place. Il s’agit initialement d’initiatives non structurées et souvent individuelles de voisins, de connaissances et d’amis, qui cachent les Juifs et les aident à entrer dans la clandestinité, à fuir, ou qui recueillent les enfants. D’autres personnes apportent une aide financière ou alimentaire. Ce n’est que plus tard que l’aide aux Juifs traqués devient plus structurée grâce à diverses initiatives. 

20 septembre 1942

Anvers : bastion de la Collaboration

Le VNV, le mouvement DeVlag et autres partis et groupes pro-allemands sont bien implantés à Anvers. Alors que leurs membres et sympathisants ne représentent que 10 à 15% de la population, ils organisent des meetings et paradent sans vergogne dans les rues d’Anvers. Un grand meeting est à nouveau organisé le 20 septembre au Palais des Sports en l’honneur de Staf De Clercq. C’est le leader absolu du VNV, mais plus pour longtemps, car il va décéder peu après le meeting. Hendrik Elias devient le nouvel homme fort des Flamands d’extrême-droite et il se rend régulièrement à Anvers. 

6 octobre 1942

Le travail obligatoire en Allemagne

Le couperet tombe 7 mois plus tard : une ordonnance annonce le travail obligatoire en Allemagne. C’est pour bon nombre d’Anversois la décision la plus détestée de l’Occupant. La colère gronde. Les terribles récits du travail obligatoire en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale sont encore dans les mémoires, et quantité d’Anvers décident de se cacher. Une fois la décision prise, les hommes entrent presque systématiquement dans la Résistance. Tous les hommes de 18 à 50 ans sont appelés à partir travailler en Allemagne. La population est indignée d’apprendre que certains échappent à la réquisition, comme les collaborateurs ou les ouvriers déjà employés dans l’industrie de guerre. 

20-21 novembre 1942

L’Occupant exécute les résistants

Le stand de tir du D’Herbouvillekaai (au hangar 9A) sert depuis juillet de cette année-là de peloton d’exécution. Selon des témoignages d’après-guerre, quelque 130 Belges y sont exécutés. Les forces d’Occupation abattent huit résistants anversois lors de ces tristement célèbres journées de novembre. Les résistants appartiennent au réseau de renseignement Stockmans, du nom d’un industriel et maître-imprimeur anversois. Le groupe se livre à l’espionnage entre décembre 1941 et juin 1942 et transmet des informations aux représentants de la France Libre à Londres. Ils recrutent notamment des agents à la Compagnie Maritime Belge. 

27 novembre 1942

Meurtre dans la rue de Bruxelles

Trois membres de la Résistance abattent le commissaire-adjoint du sixième district Hendrik Selleslaghs. L’homme est connu pour ses sympathies pour les Allemands et l’Ordre Nouveau. Quelques semaines, l’Occupant annonce des représailles et exécute dix communistes emprisonnés. 

Fin 1942, début 1943

Un tournant décisif de la guerre

La situation se retourne pour les Allemands. Les évènements militaires en Afrique du Nord, dans le bassin méditerranéen et sur le front de l’Est sont déterminants. En Égypte, le général allemand Rommel mord la poussière à El Alamein (octobre-novembre 1942). En Russie, les Allemands s’enlisent dans le siège de Stalingrad (février 1943). Le régime d’Occupation est mis sous pression. Les revers militaires essuyés par l’Allemagne ont également un impact sur le gouvernement réfugié à Londres et les autorités locales à Anvers. 

3 décembre 1942

L’administration communale proteste

L’administration communale fait savoir à l’Occupant qu’elle ne collaborera plus au travail obligatoire. Le bourgmestre Delwaide refuse catégoriquement de donner aux Allemands les noms des employés communaux. L’Occupant dresse donc lui-même des listes sur base des registres de l’État-civil et parvient finalement vers janvier-février 1943 à réquisitionner quelque 530 employés communaux pour le travail obligatoire en Allemagne. Le collège échevinal proteste une nouvelle fois quand des travailleurs portuaires sont réquisitionnés en grand nombre. 

17 décembre 1942

Nouveaux décrets-lois punissant la Collaboration

Le gouvernement belge en exil analyse lui aussi la nouvelle situation militaire. Les Alliés ont maintenant clairement l’avantage. À Londres, l’idée d’une paix de compromis est rapidement écartée. Le gouvernement en exil veut envoyer un message fort à la Belgique occupée. Il annonce un décret-loi renforçant les peines pour collaboration politique. La nouvelle met sous pression les élus belges en zone occupée. 

Fin 1942 – mai 1943

Une spirale de violence à Anvers

Les actes de sabotage et de violence perpétrés par les résistants s’intensifient après la défaite allemande de Stalingrad et l’instauration du travail obligatoire. Ils provoquent une violente répression allemande et des dizaines d’arrestations. Les groupes de cCollaborateurs mènent à leur tour des actions de représailles. Ils quadrillent la ville, détruisant tout sur leur passage. Les affrontements sont particulièrement violents en mars, avril et mai 1943. 

8 février 1943

Assassinat de l’ex-échevin Eric Sasse

Une victime connue de cette poussée de violence est l’ex-échevin libéral Eric Sasse. Son assassinat est perpétré par des troupes de choc dirigées par le SS Sturmbannführer flamand Robert Verbelen. 

Avril 1943

Nouvelles détentions

Les cadres du Parti Communiste Flamand à Anvers sont arrêtés, dont le leader Jef Van Extergem. Ils sont détenus à Breendonk, puis déportés dans un camp de concentration. Van Extergem ne survit pas aux conditions de vie dans le camp. 

5 avril 1943

Bombardements alliés sur Mortsel

Les Américains bombardent Mortsel dans l’objectif de détruire l’usine de moteurs d’avions allemande ERLA, mais ratent leur cible. Les bombes tombent sur le centre de Mortsel (Oude God), l’usine Gevaert et une école. 936 personnes sont tuées, dont 209 enfants. La propagande allemande saisit l’occasion pour discréditer les Alliés. 

15 mai 1943

Nouvelles attaques aériennes alliées

Des avions des Alliés bombardent pour la première fois les usines Ford et General Motors, qui produisent pour l’économie allemande. Leurs attaques aériennes reprennent la même année en juin et en septembre. 

8 juin 1943

Pillage de la maison du bourgmestre

Le groupe de collaborateurs ‘Vlaams Legioen’ fait des collectes d’argent pour les victimes du bombardement de Mortsel, mais Leo Delwaide refuse de les recevoir officiellement à l’Hôtel de Ville. Très remontés, les collaborateurs passent leur colère en pillant sa maison à la Vrijheidsstraat.

Deuxième moitié de 1943

Création du Comité de Défense des Juifs

Les Juifs aussi commencent à s’organiser mais ce n’est pas facile. Quantité de Juifs ont été en effet déportés. Un groupe de Résistance est créée dans les milieux d’extrême-gauche : le Comité de Défense des Juifs. Le comité existe déjà depuis l’été 1942 et s’affilie avec le temps au Front de l’Indépendance. Le comité est particulièrement actif à Bruxelles et à Charleroi. Mais à Anvers, il faudra attendre fin 1943 pour qu’une première section digne de ce nom voit le jour. C’est un regroupement de petites unités de Résistance. Il organise l’aide, trouve des planques pour les Juifs, leur procure de la nourriture et de l’argent. Les protagonistes de ce noyau de Résistance juif connu sous le nom de Comité de Défense des Juifs sont Abraham Manaster, Josef Sterngold et Leopold Flam. 

3 et 4 septembre 1943

Rafle des Juifs belges : Action Iltis

Une dernière grande rafle est menée par les services de police allemands à Anvers dans le cadre de l’Action ‘Iltis. Contrairement aux premières rafles de Juifs, les agents allemands et leurs collaborateurs visent maintenant aussi les Juifs belges, qui avaient jusque-là échappé aux déportations. Au terme de cette action, l’Occupant déclarera officiellement Anvers judenrein, nettoyée des Juifs. Les historiens de l’Holocauste en Belgique parlent aujourd’hui d’une ‘spécificité anversoise’, entendant par là que, pour diverses raisons, la population juive d’Anvers était plus en danger qu’ailleurs en Belgique.

26 septembre 1943

Le 10e dixième anniversaire du VNV

Le leader du VNV Hendrik Elias donne un discours sur la Grand-Place et déploie les grands moyens, avec distribution de drapeaux et parades. 

14-15 janvier 1944

Arrestation d’agents de Deurne

La Sicherheitspolizei arrête ces jours-là 75 agents de police de Deurne. 43 sont envoyés en camp de concentration et 35 n’y survivent pas. À partir de fin 1942, de plus en plus d’agents de police rejoignent la Résistance. Ils informent les résistants, distribuent des journaux clandestins et aident des personnes à se cacher. 

27 janvier 1944

Le bourgmestre Delwaide démissionne

L’Occupant allemand réquisitionne la Grande Salle du Bel-Étage, souhaitant y organiser une fête d’adieu pour les Flamands qui ont joint volontairement les Waffen SS. Le bourgmestre considère que ce n’est pas lieu pour des manifestations ‘politiques’. Le ‘vieil’ échevin démissionne. Les historiens s’entendent pour dire que Delwaide a saisi ce désaccord symbolique comme une chance de redorer son blason aux dernières heures de l’Occupation allemande. Il avait montré moins de réticence devant des actions illégales des Allemands aux premières années de l’Occupation. L’échevin est remplacé par le sympathisant VNV Jan Timmermans. 

6 juin 1944

D-Day

Les troupes alliées (des troupes américaines, britanniques et canadiennes soutenues par de plus petites unités belges, française, néerlandaises, polonaises et norvégiennes) débarquent sur les côtes françaises de Normandie.

Août 1944

L’École Coloniale Supérieure, bastion de la Résistance

In août 1944, Norbert Laude coordonne depuis son QG de l’École Coloniale Supérieure diverses cellules de résistants, dont l’Armée secrète. Leurs activités sont multiples : journaux clandestins, renseignements, aides aux clandestins... L’école apparaît en août sur les radars allemands. Les forces d’Occupation arrêtent Norbert Laude et plusieurs de ses assistants. Ils torturent Laude dans l’espoir de lui tirer des renseignements. La Libération arrive juste à temps pour que Laude échappe au peloton d’exécution. 

1er septembre 1944

Avancée des Alliés

Les troupes alliées progressent en France et atteignent la frontière belge vers le 1er septembre.

4 septembre 1944

La Libération de la ville d’Anvers

Aidés par la Résistance, les tanks britanniques parviennent à avancer sur Anvers via Boom, franchissant la Rupel et le canal de Willebroek. L’aide de l’ex-officier du Génie et Résistant Robert Vekemans est déterminante car il sait où les Allemands ont posé des bombes sous les ponts. Les Britanniques peuvent maintenant attaquer les Allemands par derrière et gagnent ainsi beaucoup de temps. 

4 september 1944

Enfin !

Les tanks britanniques roulent dans les rues et libèrent Anvers. La population est ivre de joie et descend massivement dans les rues. Mais il y a encore des soldats allemands dans plusieurs endroits de la ville et les combats continuent. Il y a des escarmouches au bunker du commando allemand dans le parc de la Ville et à la Feldkommandantur sur le Meir. Les affrontements sont également violents à Luchtbal, Merksem et dans le port.

4-5 septembre 1944

Répression populaire à Anvers

Dans la ville libérée, une première vague de colère populaire s’en prend aux symboles de la présence allemande. Les habitants pillent les stocks allemands d’aliments et autres denrées, mais s’attaquent aussi aux bâtiments et propriétés des collaborateurs. Les locaux du VNV et DeVlag sont les plus visés. Les pavés pleuvent sur les façades. La population se retourne également contre les collaborateurs notoires ou présumés. Traqués jusqu’à leur domicile, ils sont emmenés au poste de police, en prison ou à des points de rassemblement. La foule les hue sur leur passage et laisse libre cours à sa fureur, de manière souvent violente. 

12 septembre 1944

Le bourgmestre revient

Camille Huysmans rentre à Anvers de son exil en Grande-Bretagne depuis le début de la guerre. Les conseils communaux se réunissent à nouveau après des années d’inactivité. 

2 octobre 1944

Des unités militaires canadiennes libèrent Merksem

Octobre 1944 - mars 1945

La guerre n’est pas finie

Anvers a beau avoir été libérée, la guerre est loin d’être terminée. Bien au contraire. Hitler donne l’ordre de larguer massivement des bombes V1 et V2 sur la ville, afin d’empêcher les Alliés de prendre le port intact et d’alimenter ainsi leurs troupes sur le front. Des milliers de civils vont fuir la ville dans les mois qui suivent, se réfugiant à la campagne ou sur la côte. 

13 octobre 1944

La première bombe V sur Anvers

Ce jour-là, la première d’une pluie de bombes V est larguée sur Anvers. L’attaque a lieu à dix heures moins le quart à la Schildersstraat, à côté du Musée des Beaux-Arts. Bilan : 32 morts et 46 blessés. Les dégâts sont énormes. La ville va vivre pendant six mois dans une angoisse constante et ne dort plus.

19 octobre 1944

Antwerp X

Les Alliés organisent la défense aérienne de la ville et de ses environs. Elle est placée à partir de novembre sous le commandement du compétent général américain C.H. Armstrong. Il dirige l’unité Anti-Flying Bomb Command Antwerp X. La défense passive s’organise également. Avec l’aide des Alliés, ce service de protection des civils entre en action après le lâcher de bombes allemandes. Des postes d’observation sont établis à la Cathédrale, puis au Boerentoren.

11 novembre 1944

Pas d’armistice ce jour-là

Une V2 tombe sur la Breydelstraat, tuant 51 personnes. Deux semaines plus tard, une autre V2 atteint le carrefour très fréquenté de la Keyserlei, la Frankrijklei et la Teniersplaats. 128 civils et 29 militaires sont tués et il y a 260 blessés.

Octobre – novembre 1944

La Bataille de l’Escaut

Le port d’Anvers, son chenal de navigation et l’embouchure de l’Escaut sont des lieux stratégiques pour les projets militaires des Alliés. C’est ici plutôt que dans les ports français, plus petits, qu’ils prévoient de faire débarquer massivement les troupes et le matériel. Dirigées par les Canadiens, les troupes alliées finissent par repousser les unités allemandes de Flandre zélandaise, du Beveland et de l’île de Walcheren. L’opération se solde par de lourdes pertes humaines parmi les troupes. Plus tard encore, l’Escaut est déminé et peut servir de point de ravitaillement pour les forces alliées. 

28 novembre 1944

Le port ouvert

Le port, rouvert après plus de quatre ans, accueille le premier navire ‘ami’. 

16 décembre 1944

Début de la Bataille des Ardennes

Hitler espère avec cette dernière grande offensive ralentir la progression des troupes alliées dans le Nord de la France et en Belgique. En attaquant le port d’Anvers, il cherche à couper la voie d’approvisionnement de rations et matériel militaire des Alliés. 

16 décembre 1944

Bombe V sur cinéma Rex

Le cinéma Rex de la Keyserlei projette ce jour-là The Plainsmen, un western sur Buffalo Bill. La tragédie se produit vers quinze heures trente. Une bombe V détruit la salle de cinéma. Bilan : quelque 567 morts, 296 militaires et 271 civils. 

25 janvier 1945

Fin de l’Offensive des Ardennes

Les troupes américaines résistent et arrêtent la contre-offensive allemande.

27 janvier 1945

L’Armée Rouge avance à l’Est

Entre temps, les troupes soviétiques progressent à l’Est et libèrent notamment le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Mars 1945

La dernière bombe V sur le Grand Anvers tombe le 28 mars 1945 à Ekeren sur la Poloplein, Hoogboom

Les bombardements font encore plus de 200 victimes ce mois-là. 

Octobre 1944 – mars 1945

Une période meurtrière

Le bilan de 6 mois de bombardements sur le Grand Anvers est effroyable. Les historiens estiment qu’entre 2.910 et 2.957 personnes ont été tuées pendant cette période parmi la population civile du Grand Anvers, auquel il faut ajouter quelque 600 soldats alliés. Un peu plus de 5.200 personnes sont blessées ou portées disparues. 

8 mai 1945

V-Day

La fin de la Seconde Guerre mondiale en Occident. Une dizaine de jours après le suicide d’Hitler, l’Allemagne nazie capitule. La fin des hostilités ne résout toutefois pas tous les problèmes. L’approvisionnement de la ville reste aussi difficile que pendant le mois de Libération de la ville. Une bonne partie de la ville a également été détruite par les bombardements. 

Avril-été 1945

Le retour des Juifs et prisonniers de guerre et politiques

En plus des multiples difficultés à reprendre une vie normale après la guerre, il y a l’immensité des souffrances humaines. Empruntant souvent des voies détournées en raison des routes et chemins de fer endommagés, les survivants commencent à revenir des camps de concentration au printemps 1945. Ils débarquent à la Gare Centrale. Ils ramènent avec eux les récits des horreurs perpétrées dans les camps. 

Mai – juin 1945

Une deuxième vague d’actions des rues

Le retour des camps des prisonniers politiques et des Juifs suscite une grande indignation parmi la population anversoise. Leurs corps décharnés impressionnent et provoquent une deuxième flambée de colère et d’actions violentes contre ceux qu’on soupçonne d’avoir collaboré avec les Allemands. Leurs maisons sont pillées. Les collaborateurs sont chassés du quartier, de la ville. Les Anversois en colère vont rarement au-delà et Anvers ne connaît pas de grandes scènes de violence à cette période. 

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18 août 2019

Toujours libre. Jamais évident

Chaque année la ville prend diverses initiatives pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vous trouvez ces initiatives sur la page 'Activités'.

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